"ROUGE SANG"

  

En dix ans d'enquêtes sur le crime organisé, j'ai rarement vu une tuerie d'une telle violence...   

 

Lorsque j'entre dans l'appartement en question, le plancher en bois franc du salon éponge une mare de sang.

 

Le plafond et les murs y reflètent des centaines de coulées de sang qui serpentent encore entre les trous des projectiles de mitraillettes.   

   

La porte d'entrée a été défoncée à coups de hache. Les huit personnes qui jouaient aux cartes ont été crapuleusement assassinées.

 

On ne sait encore pour quelles raisons. En les voyant, gisant dans leur sang, j'ai mal au coeur. Et dire que c'est mon boulot !   

  

Le photographe qui arrive en trombe projette son "flash" dans tous les coins sans réagir au massacre. Il semble habitué à ce genre de situation.

 

En plus des huit cadavres du salon, deux autres faisaient l'amour dans la chambre en attendant de jouer aux cartes, probablement.

   

L'homme nu a hérité de la hache dans le dos tandis que la femme s'est fait prendre pour une balle de base-ball en se faisant assaillir d'une vingtaine de coups de batte en plein visage.   

   

Les employés de la morgue arrivent avec les civières et les sacs de couchage pour morts.   

 

Le propriétaire du logement vient d'arriver lui aussi et trouve la scène inhumaine. Il se demande comment l'on peut mériter une telle fin !

 

On dénote des centaines et des centaines de projectiles de mitraillettes dans l'appartement.   

  

Les meubles et les fenêtres sont démolis. Mais rien ne semble avoir été volé puisque sur la table de jeu, il y a beaucoup d'argent et de bijoux de haute valeur qui traînent.

 

Le vol n'est donc pas le mobile du crime.   

Le fil du téléphone a été arraché et le téléphone est en deux morceaux.

 

-Que personne ne bouge ! Crie l'un des tueurs à la mitraillette qui revient sur les lieux du crime en nous pointant pour nous tuer nous aussi. Nous nous sommes tous jetés à plat ventre sur le plancher maculé de sang.

  

L'homme à la mitraillette semble détraqué et gelé comme une balle. C'est probablement notre fin ! Pensais-je entre mes peurs.

 

   Le fou n'a probablement rien à perdre et n'hésitera sûrement pas à nous tuer si on ne répond pas à ses attentes.

 

Le gros sergent lui a demandé ce qu'il veut au juste mais le fou ne semble pas vraiment avoir le goût de jaser.

 

Hey, ta gueule le gros ! Ordonne le fou furieux.   

   

La tension est insupportable et il n'y a pas vraiment de mot pour décrire l'effet d'être devant une mitraillette...

 

Le fou tire dans les murs pour nous donner un avant-goût et nous lance une grenade pour nous retourner en poussière...

 

La déflagration tua tout le monde sur le coup et défonça le plancher et tout le reste de l'appartement.   

 

-COUPEZ ! Cria le réalisateur.

 

                                     FIN

 

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1997